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L’agriculture urbaine contre la faim: des aliments frais et sains pour les citadins

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Agriculture urbaine contre la faim. Le programme de ravitaillement des villes de la FAO © piccaya - Fotolia.com

Dans le dans le cadre de son combat contre la faim et la malnutrition, la FAO* a intensifié son action sur le front du ravitaillement des villes. En effet, c’est majoritairement dans les zones urbaines la croissance démographique mondiale devrait avoir lieu au cours des deux prochaines décennies.

Parler d’agriculture urbaine peut surprendre mais c’est bien de cela qu’il s’agit, en réponse à l’expansion des villes dans les pays en développement et à l’extension rapide de leurs bidonvilles, selon Alison Hodder, l’experte de la FAO en horticulture.

En 2007, pour la première fois dans l’histoire, la population urbaine - plus de 3 milliards de personnes - dépassera le nombre de ruraux. Actuellement, un tiers des habitants des villes - soit un milliard d’individus - vivent dans les bidonvilles et, dans de nombreuses villes d’Afrique subsaharienne, cette proportion atteint les trois quarts de l’ensemble de l’agglomération urbaine.

D’ici à 2030, environ deux tiers de la population mondiale vivront dans les villes, selon les projections des Nations Unies. D’ici à 2050, selon les mêmes prévisions, la population mondiale devrait atteindre 9 milliards.

"Il faudra s’attendre à un très fort accroissement de la population urbaine. Couvrir les besoins alimentaires des populations urbaines sera un défi sans précédent." indique Alexandre Müller, sous-directeur général de la FAO.

Dans le cadre de son programme Ravitaillement des villes, la FAO aide nombre de villes à soutenir l’agriculture urbaine et péri-urbaine afin qu’elles puissent couvrir une part de plus en plus importante de leurs besoins alimentaires.

Des jardins potagers en Afrique

La République Démocratique du Congo, le Sénégal, le Gabon, le Mozambique, le Botswana, l’Afrique du Sud, la Namibie, l’Egypte et le Mali participent à ce programme.

En République Démocratique du Congo, la FAO aide les édiles locaux notamment dans les villes de Kinshasa, Lumumbashi et Kisangani à transformer 800 hectares de terres urbaines en jardins potagers destinés non seulement à produire des légumes frais mais aussi des revenus supplémentaires à 16 000 familles, soit près de 80 000 personnes.

Tous les produits de ces potagers sont cultivés conformément aux bonnes pratiques agricoles et selon des normes de qualité strictes qui garantissent fraîcheur et salubrité. De plus, ces potagers présentent l’avantage de préserver les espaces verts.

"L’agriculture urbaine n’entre pas en conflit avec les exploitations traditionnelles rurales. Étant donné l’état des routes, transporter des produits périssables, comme les légumes verts, jusque dans les villes n’est souvent même pas envisageable." explique Wilfried Baudoin, un expert en la matière.

Monsieur Baudoin écarte aussi les craintes de certains responsables municipaux selon lesquels l’agriculture urbaine peut contribuer à accélérer l’exode rural : "Il y a toujours eu des potagers dans les villes. Nous aidons juste les gens à mieux cultiver, de manière plus saine et plus rentable."

A titre d’exemple, en Namibie, la FAO a facilité la conclusion d’un contrat entre un groupe de 75 agriculteurs urbains et un supermarché. A Dakar, au Sénégal, des familles ont installé des points de vente aux alentours pour commercialiser leurs excédents. Cela permet à chaque famille de gagner au moins un dollar de plus par jour. Un plus non négligeable dans ces pays où chaque centimes compte.

Cultiver chez soi

En ce qui concerne les bidonvilles, une nouvelle approche est expérimentée par la FAO dans les villes colombiennes de Bogotá et de Medellín, où un projet pilote aide des familles déplacées à produire des légumes.

"Ce projet confère une nouvelle dimension au concept de cultiver chez soi." selon Juan Izquierdo, l’expert de la FAO basé en Amérique latine.

Malgré un accès limité à la terre, des experts de la FAO ont enseigné à des centaines de familles vivant dans les barrios comment produire leurs propres légumes à la maison à partir d’un curieux étalage de réceptacles recyclés incluant bouteilles d’eau, vieux pneus et plateaux.

Des techniques hydroponiques simples (l’eau se substitue à la terre) sont utilisées, et les récipients sont positionnés là où il y a suffisamment d’espace et de lumière : sur le rebord des fenêtres, dans les cours et même dans les escaliers.

Tous les mois, chaque potager familial produit quelque 25 kg de nourriture notamment laitue, haricots, tomates et oignons. Tous les excédents sont vendus aux voisins ou à la coopérative mise en place dans le cadre de ce projet.
 
* Food and Agriculture Organization, organisme des Nations-Unies.

 

Mis à jour ( Lundi, 06 Avril 2009 14:25 )  

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